# Enviado em Sábado 11 Julho 2009 07:45

[Y0U CALL IT MADNESS BUT I CALL IT L0VE]

[Y0U CALL IT MADNESS BUT I CALL IT L0VE]
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Do something man.

Quel est l'âge ou le moment où nous passons de l'état d'un enfant à... un autre état. Je veux dire, tellement de choses peuvent se passer lors d'une année. Les gens disent que nous grandissons de façon beaucoup trop rapide. Parfois les adultes le font entendre comme si c'était notre faute. Ou du moins, notre choix. Mais comment ne le pouvons nous pas? Nous nous sentons invincibles. Et nous en savons tellement. Une chose dont je suis sûre... nous sommes tellement enragés de perdre notre innocence. Et je me demande si un jour nous regarderons en arrière et souhaiterons que nous ne l'avons pas fait.

I'M ALL OUT OF LOVE
I'M ALL OUT OF FAITH


Quand est-ce qu'exactement nous passons de l'état d'un enfant à... juste celui de personne, je ne suis pas sûre. Je sais que ça ne concerne pas un certain âge en particulier ou le moment où l'on obtient son diplôme. Tout arrive lorsque nous ne faisons pas attention. Nous passons du fait de jouer sans ses amis... à celui de jouer sans les sentiments de ses amis. Sans notre connaissance ou notre consentement, l'enfance s'évapore dans la nuit. Et notre innocence nous échappe... Et nous nous réveillons un matin... pour découvrir que nous sommes devenus... ce que nous sommes.


Just do something that matters.
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# Enviado em Domingo 18 Janeiro 2009 09:28

Modificado em Domingo 05 Abril 2009 12:23

[INTERLUDE - THE TASTE 0F BL00D]

[INTERLUDE - THE TASTE 0F BL00D]
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HOLLY
Listening to: Story of the Year - Terrified
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La vue qu'on a du port de Hambourg sur les vastes étendues d'eau est superbe. Et plus particulièrement à cette heure de la journée où le soleil se couche. Le ciel se teinte alors de couleurs pourpres ou violettes. On a l'impression que les bâtiments à l'horizon se sont enflammés. J'adore cette vue. Mais parfois, elle me fait mal au c½ur, je dois bien l'avouer.

_______- Holly ?

Je me tourne vers l'endroit où l'on a prononcé mon prénom, pour dévisager celui qui vient à ma rencontre : Hadrian.
Il avance vers moi, en souriant timidement, l'air penaud. Il m'a encore suivie.

_______- Désolé, fait-il, lorsqu'il croise mon regard. C'est plus fort que moi. Je m'inquiète comme Maman là.

Je ne dis rien et retourne à ma contemplation du pont Köhlbrand, un chef d'½uvre de la technique. Le vent s'est levé. Je m'en rends compte, parce que mes cheveux volent dans tous les sens. Je viens tout le temps ici après les cours. Une habitude prise depuis la mort de Papa.

Ça va bientôt faire quatre ans. Il est mort d'un accident de la route. Bêtement. Lui qui adorait les bagnoles et qui pouvait s'en offrir. Il était en Porsche ce soir-là ; elle était neuve. Il a voulu l'essayer. Ils se sont fait défoncer par un camion. Ce tas de ferraille qui valait une fortune n'a même pas pu le protéger. Il est mort sur le coup. Depuis, Had est devenu très voire trop protecteur envers moi. Maman s'est plongée dans son travail. Mais je ne me plains pas. Ma vie est ainsi faite.

_______- On devrait rentrer, murmure Had en me prenant doucement par la main.

Il me tire et je ne résiste pas. On marche en silence, côte à côte, jusqu'à la station de métro. Le temps de rentrer à la maison, je réfléchis. A nous tous.

Maman est photographe pour la presse cinématographique. Ça la force à aller aux quatre coins du monde, en nous laissant souvent seules, Hadrian et moi. Mais elle ne s'inquiète pas. On a l'habitude et ce train de vie ne nous gène pas. On ne fait rien de répréhensible.

Je me demande bien pourquoi on n'a pas emménagé en Amérique, là d'où nous sommes tous originaires (Had et moi sommes nés en Californie). Maman y serait plus à l'aise, elle ne parle pas bien l'allemand. Had dit que c'est parce que c'est ici que Papa aimait vivre. Peut-être.

J'observe Had, assis sur un siège, près des portes automatiques du wagon, tandis que je suis restée debout, face à lui, m'agrippant à une barre. Il regarde par la vitre, pensif.

Physiquement, on ne se ressemble pas tellement. Je suis plus petite que lui, mais bon, entre les filles et les garçons, on ne grandit pas de la même manière. Pourtant, nous sommes jumeaux et ça ne se voit absolument pas. Mes yeux sont bleus, d'un bleu très prononcé, et ceux d'Hadrian sont marron, un peu verts. Je ne trouve aucun air de famille entre nous. On a très peu de points communs (j'aime la photographie et lui le sport) si ce n'est un tatouage commun (une aile à mon épaule gauche et une autre sur son épaule droite) fait à l'âge de quinze ans représentant le serment de ne pas avoir de secret l'un pour l'autre. Jusqu'ici, le contrat a été respecté.

Même si je doute physiquement d'un lien de parenté entre nous, c'est bel et bien mon frère. Mes amies le trouvent toutes très mignon. C'est vrai qu'il a ce je-ne-sais quoi en plus qui fait craquer toutes les filles. Néanmoins, je ne l'ai jamais vu flirter avec l'une d'entre elles. Moi non plus, je suis célibataire. Disons que je ne me presse pas particulièrement. J'ai déjà eu des flirts mais... rien de sérieux.

_______- Viens, me lance had en me tirant de ma rêverie et en me poussant vers la sortie.
_______- C'est bon, je peux me débrouiller ! dis-je en me dégageant.

Je n'aime pas qu'il me couve comme si j'étais en porcelaine.

_______- Pardon.

Il s'éloigne. Zut ! Je me suis énervée pour rien ; je lui cours après en l'agrippant par le bras.

_______- Had, je suis désolée, je sais pas ce qui m'a pris...

Il pose les yeux sur moi. Il sourit.

_______- C'est pas grave, souffle t-il en me prenant dans ses bras.

Voilà que je me mets à rougir. Je me sens un tout petit peu gênée. Il s'écarte, me pince la joue. Je suis obligée de lever a tête pour voir son visage. On se fixe un instant. Je reviens brusquement à la réalité. Des filles de notre âge passent à côté de nous et regardent Hadrian avec envie. Je lui dis.

_______- Ah ? Ton charme est opérationnel vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Il éclate de rire.

_______- Ton humour est en baisse, déclare t-il. Il va falloir trouver mieux que ça...
_______- La blonde est très mignonne.
_______- Tu veux que je te branche sur un mec, toi ?

Je ne sais pas quoi répliquer. On rentre finalement sans rien ajouter. Ce genre de conversation me trouble horriblement. Et il le sait bien. Entre nous c'est toujours la même chose. Personne n'arrive à avoir le dernier mot. Sous le jet de l'eau, je me remets à réfléchir. Had et moi n'avons définitivement pas le même patrimoine génétique. En fait, ça m'arrangerait. La vérité m'effraie.

Je ferme le robinet d'eau chaude. Puis celui d'eau froide. En sortant de la salle de bain, j'enroule une serviette autour de ma taille. Il faut que je pense à autre chose que ça.


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HADRIAN
Listening to: William Tell - Just for You
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Je n'ai aucun but dans la vie. Tout ce que je veux, c'est resté auprès d'elle. Je ne désire qu'elle. Pas une autre.

Ma s½ur Holly a toujours été un peu naïve, mais lucide. Elle ne s'est encore rendue compte de rien. Elle ne fait plus autant attention à ce qui l'entoure. Depuis la mort de notre père, elle parle moins et s'isole...

_______- Hey mec, tu viens ?

Je lève la tête et me tourne, refermant le livre que je ne lisais pas. Mon meilleur ami, Tom, me scrute des yeux. Il doit me trouver bizarre.

_______- Qu'est-ce qu'il y a ?
_______- Tu t'amènes à la fête ce soir ? demande t-il, un peu impatient.
_______- Où ça ?
_______- Chez moi, me rappelle t-il exaspéré.

Après un moment de réflexion, je lui dis finalement que je suis partant. Il s'éloigne alors en sifflotant. Je le suis du regard, tandis qu'il traverse le couloir... et croise Holly. Ils se saluent. Puis chacun continue son chemin. Ma s½ur vient dans ma direction.

J'ouvre mon casier pour faire bonne mesure et y range quelques livres. Jusqu'à ce qu'elle se trouve à côté de moi. Je sens son léger parfum à la pomme. Elle me fixe, baisse les yeux et se lance :

_______- Ta chère s½ur n'a pas assuré hier. Elle s'excuse de t'avoir malmené sans raisons alors que tu étais simplement galant avec elle.
_______- J'accepte ses excuses avec joie. Je comprends être parfois trop protecteur avec elle.
_______- Je ne suis pas en sucre, tu sais. J'apprécie néanmoins l'intérêt que tu portes à me préserver.
_______- Très drôle, dis-je. Tu vas à la fête de Tom ce soir ?
_______- C'est en effet dans mes plans.

Elle a les joues un peu roses. Elle me sourit. Je lui fais un clin d'½il. On se fixe mutuellement pendant de longues minutes. J'ai l'impression que quelque chose a changée dans son esprit. Elle me regarde... différemment. Ses yeux sont très jolis, profondément bleus. Je ne sais pas si c'est une bonne chose que les miens soient si verts...

Une idée germe dans mon esprit. Je vais devoir passer à la mairie.
Elle ouvre la bouche, hésite, puis la referme. Regarde sa montre et sursaute.

_______- Désolée, je dois y aller. On se voit ce soir !

Elle dépose un léger baiser sur ma joue et je la regarde s'en aller. Est-ce que par hasard... je me ferais des idées ?

Je le saurais bientôt.

Lorsque j'arrive, la fête bat déjà son plein. Tom se jette littéralement sur moi.

_______- Had, t'es en retard !
_______- Pardon. Je suis allé à la mairie.
_______- Pourquoi faire ?
_______- Juste pour vérifier un truc...

J'ai consulté ma fiche d'état civil pour vérifier si je suis bel et bien le frère de Holly. Ce qui s'avère être le cas. Je ne comprends pas... Est-ce que ça arrive à tous ? On est un famille normale, non ?

_______- Had ?

Elle est là. Holly, habillée en débardeur et pantalon. Elle semble inquiète.

_______- Ça ne va pas ?
_______- Si, si, je mens. Y a rien.

Au contraire. Mais je ne dois pas y penser.

_______- Mais alors pourquoi est-ce que tu as l'air si triste ? demande t-elle en posant une de ses mains sur ma joue droite.

Je pose ma propre paume dessus. Elle rougit, retire sa main. Elle croise les bras, en attente d'une réponse de ma part.

_______- Je suis fatigué.

Pathétique. Elle se retourne, me montre son épaule où est tatouée son aile. Me refait face, l'air sérieux.

_______- Hadrian, à ton avis, pourquoi ce tatouage est ici ?

Evidemment. Le serment de n'avoir aucun secret l'un pour l'autre.

_______- Laisse tomber, murmuré-je.

Elle me regarde comme si elle essayait de décrypter mes pensées. Mauvaise idée. Elle croise les bras, baisse les yeux.

_______- Tant pis, lâche t-elle. On verra à la maison...

Elle s'éloigne et disparaît parmi les danseurs. Je ne peux rien lui dire. Je me dégoûte. Je suis un monstre.

Une fille que je connais vaguement me fait signe. Je prends une bière et vais la voir. Elle me demande comment je vais. Moyen. Comment va ma famille. Tranquille. Et la question finale :

_______- Et sentimentalement ? Une fille en vue ?
_______- C'est possible.

Elle se demande qui ça peut bien être. Je ne dis rien.

Je suis amoureux de Holly.


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HOLLY
Listening to: Paramore - That's What You Get
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Il ne me fait pas confiance. Je me doute bien qu'il me cache quelque chose. Il a une copine. Ça fait plusieurs jours que cette explication s'impose à moi. C'est certainement pour cette raison qu'il ne me parle plus comme avant. Je me demande qui peut bien être cette fille qui s'accapare mon frère ; je sens que je la déteste déjà.

_______- Tu t'es disputée avec ton frère ?

C'est Tom, qui s'asseoit à côté de moi sur le sofa. Il a toujours été très mignon, dans le genre hip-hop, dreads et tout.

_______- Pas vraiment. Il ne veut pas me dire ce qu'il a.
_______- Peut-être qu'il est exténué tout simplement.

Je ne suis pas convaincue.

_______- Tu ne sais pas s'il aurait une petite amie par hasard ?

Il éclate de rire. Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle.

_______- Had avec une autre fille que toi ? se moque t-il.
_______- Mais je suis sa s½ur.
_______- Ouais mais il ne semble pas concevoir le mot « petite amie » tant que tu es près de lui.
_______- C'est-à-dire ?

Je fronce les sourcils.

_______- La seule fille qui semble compter à ses yeux, c'est toi Holly.

Il me sourit. Un coup de poing amical sur le bras et il s'éloigne. Ce qu'il vient de me confier me rend nerveuse. Je décide de rentrer plus tôt. Je salue deux amies et quitte les lieux. J'ai besoin de calme et de solitude. Peut-être que je devrais sérieusement me faire soigner. Mes sentiments vont à l'encontre de la nature.

Je suis complètement folle.

Je suis paralysée.

Je suis amoureuse d'Hadrian.

On frappe à la porte de ma chambre. Il est près de minuit. C'est Had. Il porte un T-shirt noir et un jean délavé. Je suis assise sur mon lit. Il me rejoint en silence, s'installe en face de moi. Personne ne parle... C'est finalement lui qui ouvre la bouche en premier :

_______- Holly, je ne compte pas te cacher quoique ce soit.

Je hausse les épaules.

_______- Tu sors avec une fille c'est ça ?
_______- Hein ?

Il semble surpris. Visiblement, je me suis trompée. Tom le connaît mieux que moi. Maintenant, le problème, c'est que je suis à court de théories.

_______- Je pensais que tu sortais avec quelqu'un. Sinon, pourquoi tout ça ?
_______- Tout ça quoi ?
_______- Tu passes ton temps le regard ailleurs. Tu t'ennuies quand tu es avec moi. Il y a forcément quelque chose. Dis- le moi. Je suis capable d'encaisser.
_______- Il n'y a aucune fille dans ma vie...

Je dois rêver parce qu'après avoir déclaré ça, il prend mon visage entre ses mains en coupe et pose ses lèvres sur les miennes. Je suis tellement choquée que je ne réagis pas. Il s'écarte doucement.

_______- ... à part toi, ajoute t-il en susurrant.

Et sans crier gare, il recommence à m'embrasser. Si c'est un rêve, autant en tirer un maximum, je lui agrippe les cheveux, ouvre la bouche. Il prend ça pour une invite (c'est le cas) et approfondit son baiser.

Qu'est-ce que ça va être dur au réveil...

_______- Je t'aime.

J'ai un peu de mal à articuler mais je pense que le message est passé. Il recule, les yeux emprunts de tendresse.

_______- Moi aussi.

Je me mets à pleurer. Je me dégoûte. Pourtant, je ne veux pas ressentir autre chose.


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HADRIAN
Listening to: Flyleaf - All around me
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Je ne veux qu'elle.

Holly pleure. Sur notre lien, notre futur et tout ça. J'essaie de la rassurer. Je crois que nous sommes nés pour ce destin. C'est comme si mon corps était dominé par mon c½ur.

_______- Même si on est frère et s½ur ?

Elle lève les yeux vers moi. Je veux bien être le seul à damner. Je lui caresse doucement la joue. Elle prend ma main et dépose un baiser au creux de ma paume.

Peu importe la morale, le sens commun. Nous sommes les personnes qui se comprennent le mieux dans ce monde.

La main de Holly se pose sur ma cuisse. Je commence à m'exciter. Elle doit sentir mon érection à son contact. J'effleure ses seins. Elle pousse un soupir très doux.

_______- Fais-moi l'amour, souffle t-elle.

Je ne résiste pas davantage. Je prends un de ses seins au creux de ma main. Elle gémit de plaisir et se couche sur le lit. Je m'étends sur elle, soulève son haut... Lentement, doucement, elle ouvre la fermeture de ma braguette.

_______- Oui ? je demande, au cas où elle aurait changé d'avis.

Sa langue s'attarde sur mes lèvres.

_______- Oui.


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HOLLY
Listening to: Empyr - New Day
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Est-ce que c'est bon ? Est-ce qu'on a suffisamment patienté ? Je sais bien que la société ne nous pardonnera jamais cet acte. Mais j'ai attendu si longtemps. Je ne ressens plus aucune culpabilité. Tout ce que je souhaite, c'est rester avec lui.

Maman est revenue hier. Elle reste une semaine. Nous avons fait comme si de rien n'était. On va en cours, on sort avec des amis. Notre idylle dure depuis déjà deux mois. J'ignore si on réussira à se cacher quand Maman sera près de nous. Elle veut profiter de notre présence à fond. On a du mal à se comporter comme avant. Comme une famille, comme des jumeaux. Pas comme un couple.

_______- Et si on lui disait ? propose Had lorsque je le rejoins dans sa chambre.
_______- Mauvaise suggestion.

Maman frappe à la porte. On se retourne.

_______- Je sors faire des courses, vous voulez quelque chose en particulier ?
_______- Non, dis-je
_______- Rien, fait Had.

Elle ne soupçonne rien. On entend la porte d'entrée claquer. Hadrian m'attire dans ses bras. Il m'embrasse. Je sens sa langue, douce et chaude.

_______- J'ai oublié mes clés Holly, tu m'aides... à... les... retrouver ?

On s'écarte le plus rapidement et loin possible de l'autre. Maman est figée sur le seuil. J'ai peur soudain.

_______- Qu'est-ce qui vous prend ?!

Elle nous regarde à tour de rôle.

_______- C'est... monstrueux... Mais... c'est une blague ?!

Had tente de la calmer. Il se lève et tend la main pour la poser sur son épaule.

_______- Ne me touche pas.

Elle le repousse du plus fort qu'elle peut.

_______- Bon sang, mais qu'est-ce que j'ai mis au monde ?!

Elle recule, horrifiée, jusque dans le couloir. Je hurle :

_______- Maman, attention !!!

Avant qu'on ait pu réaliser quoique ce soit, elle trébuche sur la première marche de l'escalier et tombe. Had ne réussit pas à la rattraper à temps ; elle s'effondre en bas, totalement inconsciente.


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HADRIAN
Listening to: Goo Goo Dolls - Iris
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_______- Il faut qu'on fasse quelque chose ! On ne peut pas la laisser ainsi ?
_______- Mais quoi ?! m'écrié-je. On a le choix ?

Holly pleure. Nous savons pertinemment que notre histoire finit mal. Je prends mon portable, appelle les secours.

_______- Oui ? fait une voix féminine.
_______- Il y a eut un accident. Une femme est tombée des escaliers.
_______- On vous envoie une ambulance, dit elle.

Je l'entends qui hurle de se dépêcher.

_______- Nous faisons le nécessaire. Les secours arrivent. Gardez votre calme.
_______- Attendez, murmuré-je. Il y a... autre chose.

Je crois que c'est la seule solution. Holly me fixe, interdite.

_______- Il y a deux autres personnes... en bas de l'immeuble.

Je raccroche avant qu'elle ne puisse poser des questions.

Holly a compris. Elle prend la main que je lui tends. Et monte sur le toit avec moi. Nous vivons dans un duplex au sixième et septième étage d'un immeuble qui en compte dix. Le toit est facile d'accès avec l'escalier de secours.

Il fait froid là-haut. Je ne frissonne pas. Holly se penche vers moi. On s'embrasse comme des fous.

Je m'approche du bord ; elle hésite.

_______- Pourquoi pas, dis-je tout bas.
_______- Il y a peut-être une solution, soupire t-elle.

Mais ni elle ni moi ne pouvons dire laquelle.

Je la prends dans mes bras, la serre fort. Lui demande de fermer les yeux.

_______- Je t'aime.
_______- Moi aussi.

On regarde Hambourg une dernière fois. C'est maintenant ou jamais.


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HALEY
Listening to: The All-American Rejects - One More Sad Song
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De mon lit, je ne vois que la porte de ma chambre d'hôpital. Je tourne la tête et tente d'apercevoir ne serait-ce qu'un arbre. L'agence pour laquelle je travaille ma envoyée des fleurs. De jolis lys blancs. Je ne sens pas leur parfum. Je n'ai qu'un goût ferreux dans la bouche.

Un médecin entre dans la chambre.

_______- Comment vous sentez-vous ?
_______- Je ne sais pas.

Il a ses mains derrière le dos. Ce n'est certainement pas un cadeau.

_______- Voici... le bilan de l'examen effectué sur Holly et Hadrian.

Il me montre la feuille qu'il cachait.

_______- En conclusion... il s'agit d'un double suicide par défenestration, alors...
_______- Docteur, le coupé-je, de quoi parlez vous ?
_______- De vos enfants.

Je fronce les sourcils.

_______- Je n'ai jamais eu d'enfants, il doit y avoir une erreur.

Il me fixe un instant, un sourire compatissant aux lèvres comme s'il avait tout compris, comme s'il s'y attandait. Il sort son carnet, y inscrit quelque chose.

_______- Que se passe t-il ?
_______- Vous semblez souffrir d'une amnésie partielle. Vous aviez des enfants. Cela vous reviendra avec le temps.
_______- C'est bizzare de ne pas s'en souvenir?
_______- Pas dans votre cas.
_______- Ah.
_______- Je vous laisse.

Je ne dis rien, regarde encore les fleurs. Et ce goût dégueulasse dans ma bouche... Il s'éloigne et déclare avant de refermer la porte :

_______- Toutes mes condoléances.

Je ne pleure pas.

Oublier... C'est beaucoup mieux ainsi.
© Hölly Suicide

# Enviado em Terça 11 Novembro 2008 08:24

Modificado em Domingo 05 Abril 2009 12:21

[CAN'T ST0P THIS THING WE'VE STARTED]

[CAN'T ST0P THIS THING WE'VE STARTED]

If I don't say this now I will surely break
As I'm leaving the one I want to take


Réveil en pleine nuit. Ouvrir la fenêtre et profiter du silence. Doutes dans la tête. Comme toujours. C'est affreux de se dire qu'il n'y a pas un seul jour où je ne pense pas à ces conneries. A moi, ma saloperie de vie, ce que j'aime, ceux* que j'aime, celui que je haissais tout en le kiffant sa race: Lucas*. Surtout Lucas*. J'ignore s'il le sait mais des fois j'essaie de nous imaginer dans le futur. Avec quelques années de plus. Juste de quoi me faire flipper. Il était bien trop hypocrite pour qu'on puisse vivre ensemble encore. Mais je continue à penser à lui. Lui... Lui et moi. Je continue à l'aimer un peu. Juste pour me rappeler qu'il a existé. Plus personne n'en parle. C'est peut être aussi bien. Passer à autre chose. Qu'est ce que je peux faire d'autre? Attendre. Attendre d'aller mieux. Est-ce que ça va mieux? Retour à la réalité. Celle qui fait si mal. Qui m'a fait pleurer comme jamais je n'avais pleurer. Celle qui m'a fait crier de douleur. Son adieu définitif écrit noir sur blanc. Accepter départ de quelqu'un. Trouver un moyen d'aimer la vie après ça. Au lieu d'en avoir le coeur brisé, la chose la plus difficile à apprendre c'est: comment se dire au revoir.

GOD THIS HURTS

Les adultes ont toujours su se dire au revoir, adieu ou les niaiseries qui vont avec avec facilité. Ce que j'ai pas. Je n'aime pas les adultes. Ils pensent tous qu'on devrait être heureux parce qu'on est jeunes et ils voient pas toutes les guerres qu'on mène au quotidien. Un jour ma guerre s'arrêtera et je serais encore vivante. On peut choisir de blâmer les circonstances du destin ou la malchance ou les mauvais choix, ou on peut résister. Tout ne sera pas toujours juste dans le monde. C'est comme ça. La plupart du temps, vous recevez ce que vous donnez. Laissez moi tous vous poser une question. Qu'est-ce qui est pire: ne pas avoir tout ce dont vous rêviez ou bien, tout avoir, mais découvrir que ça ne suffit pas? Chaque putain de jour je cherche ce que j'ai pas. Je pense à qui j'étais. Si on mettait fin à ma vie demain, je ferais tout ce que je n'ai jamais fait. Je balancerais tout, jetterais tout. Je partirais pour toujours. A chaque fois je me dis que je pourrais le faire n'importe quand. J'émerge et cherche de l'air. Là, je vois où je suis, et où je dois aller. Demain, j'aurai dix-huit ans et il ne sera pas là. On tourne la page. C'est dans l'ordre des choses. Enfin. Au revoir, Lucas*.

Forgive the urgency but hurry up and wait
My heart has started to separate


# Enviado em Domingo 20 Abril 2008 12:33

Modificado em Domingo 05 Abril 2009 12:24

[T0 WISH IMP0SSIBLE THINGS]

[T0 WISH IMP0SSIBLE THINGS]
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Tu n'as qu'une vie, ce que tu en fait ou ce que tu as fait, tu dois l'assumer.

Besoin égoïste de s'éclaircir les idées. C'est le chaos total. Intérieur foutu du système nerveux d'une certaine fille qui ne tourne plus très rond. De pire en pire. Elle pensait que rien ne viendrait plus l'abîmer, qu'elle avait été suffisamment déchirée en morceaux comme ça, mais c'est jamais suffisant, jamais. Au début, on croyait mourir. Le but étant de souffrir tout son soûl. S'entailler le poignet avec tout ce qui tombait sous la main, compas, ciseaux, couteau de cuisine (ça coupe beaucoup plus vite et profondément sans qu'on y prête la moindre attention), jusqu'à ce que les cicatrices ne disparaissent plus, mettre un doigt dans sa bouche et vomir presque sans se forcer à force de répéter ce geste plus souvent qu'on l'espérait, se cogner un peu partout au point de ne plus beaucoup sentir la douleur de l'impact entre soi-même et le mur, ravaler ses larmes alors que tout le monde sait qu'il vaut mieux se laisser aller... Elle ne sait plus si les autres s'en rendent compte. Peut-être parfois, lorsque son regard se perd dans le vide, qu'elle prend un air qui se veut triste comme un signal d'alarme qui sonne faux. Mais est-ce que ça va changer la face du monde qu'ils sachent tout ça? Sans doute mais pas longtemps. S'il y a bien une chose dont on peut être certain dans la vie, c'est que rien ne dure. Finalement on s'est habituée à ce n'importe quoi. Pauvre chérie qui n'est pas encore au bout de ses peines. Au fait, si vous ne l'avez toujours pas remarqué: la petite conne de l'histoire, c'est moi. Je crois que je suis arrivée à la nuit de ma vie et je me rends compte de ce que le jour m'interdit formellement d'être: heureuse. Je ne suis pas douée pour jouer à ça, surtout si c'est pour perdre mon temps.

ETAT STATIONNAIRE

Vous pouvez vous demandez pourquoi je passe tout mon temps à gâcher mon existence alors que mon cas est bien moins désepéré que d'autres qui se damneraient pour mener le dixième de la vie que je mène. J'imagine que des explications s'imposent. Dire que tout ceci ne serait dû qu'aux futilités de l'adolescence serait absurde. Comme si je n'avais jamais eu de pouvoir de décision. Ce que chacun fait, il le décide. Ma vie, c'est mon art, et très franchement, le final est nul à chier totalement grotesque mais j'ai appris toute seule à en être fière: père inexistant qui m'abandonne jeune trop jeune, mère dépressive plutôt violente physiquement parlant, etc, bref, j'ai mal à ma famille. Je devrais me recroqueviller sur moi-même? Moi je m'en fous des conventions et je fais ce que je veux. Je sors, je claque mon blé, je vois mes amis, je fume comme un pompier, je bois comme un trou, je dégueule sur le bitume pour rejeter toute l'horreur gardée au fond de mes tripes et je réalise à chaque fois que je m'ennuie que ça n'a aucun sens que c'est immonde, que je veux qu'on m'aide mais que ça ne servira à rien je devrais mettre un terme à toute cette comédie. Arrêter de sourire, de jouer les gentilles petites filles modèles, de faire semblant tout simplement, et m'effrondrer. Aujourd'hui, je ne demande ni compassion, ni pitié ou quelque stupide sentiment de ce genre. Ceci n'est pas une confession. Comme vous le verrez: j'ai rien à confesser. Les victimes le font. J'en fais pas partie. Cette histoire n'a pas encore de happy end. Mais laquelle en a vraiment une?

Mais peut-être que tout est encore jouable. Je vous le dirais la prochaine fois. Promis.
...

# Enviado em Domingo 03 Fevereiro 2008 13:33

Modificado em Domingo 05 Abril 2009 12:25

[UN0PENED LETTERS T0 THE W0RLD]

[UN0PENED LETTERS T0 THE W0RLD]
...
Au dernier moment, avant que tout n'explose, quelqu'un tombera amoureux et le monde sera sauvé.

Il ne faut plus se confier autant à ses amis en pensant qu'ils pourront vous aider: c'est affreusement triste à révéler, mais c'est faux. On s'accroche trop à ceux qu'on aime. Et on aime toujours trop et jamais assez. Me faire avoir doit être une des constantes de ma vie. Pour illustrer le propos, je vous annonce que mon meilleur ami est mort. Défenestré. Il s'est suicidé. Il est mort et je suis encore vivante. Bien sûr ce n'est pas de ma faute. Un suicide n'est jamais l'histoire d'un chagrin d'amour, d'un échec scolaire ou d'une famille morcelée. Un suicide on ne sait pas ce que c'est, alors on préfère penser que c'est génétique, un peu comme la laideur. Ce qu'une amie m'a dit il n'y a pas longtemps résonne encore dans ma tête: "ça fait encore plus mal de te voir. Tu me rappelles combien il me manque, combien il nous manquera encore, ça se voit que toi et moi n'avons pas tourné la page et je sais aussi que tu n'as pas l'intention de le faire". Très drôle haha. C'est n'importe quoi. Je m'améliore du mieux que je peux alors que personne ne vienne me péter les couilles. Surtout s'il s'agit de quelqu'un qui ne fait plus partie de ce bas-monde.

BIG MACHINE

Ce qui suit lui* est adressé: quand l'autre* m'a quittée pour une autre, tu étais là pour me dire combien il ne me méritait pas, qu'il ne fallait plus être déçue par ceux dont on tombe parfois amoureux sans le savoir, sans s'y attendre et c'est déjà trop tard. Quand j'ai échoué à mes examens, tu étais là pour me dire qu'un concours est aléatoire. Tu n'as jamais voulu me faire de la peine... Avec toi, c'était à la vie et même pas à la mort. Tu m'as protégée parce que c'est ça le boulot du meilleur ami. Et le meilleur ami est aussi censé rester avec vous pour toujours. Surtout lorsqu'il vous l'a promis tant et tant de fois et en étant ou bourré ou sobre, camé, dépressif, dans tous les états possibles. Comment as-tu osé marquer sur ta lettre d'adieu une débilité du genre: "J'espère vraiment que tu arriveras à être heureuse." Sombre con. Heureuse que je suis d'être née cynique. Tu croyais vraiment qu'en sautant tout s'arrangerait? Sale menteur. Tu n'as absolument pas respecté ta part du contrat. T'as voulu t'inscrire dans l'Histoire? Bah mec, là, t'as été vraiment naze. Si l'Histoire était d'une quelconque utilité, si elle servait d'exemple aux générations futures, elle ne se répéterait pas inlassablement. Ta niaiserie a fini par te tuer. Je te déteste je te déteste connard. Tu disais: "la musique, le fric, Jésus et le foot. Il parait que c'est tout ce qui fait tourner le monde." Sans toi, ça n'a aucune importance. On a plus besoin de personne. Tu n'es plus qu'un fantôme appartenant au passé. Tu es mort, tout a une fin et j'ai réussi à te haïr toi que j'aimais plus que tout au monde, plus que moi, même si tu ne l'as jamais cru.

On va y mettre un terme. La vie continue. A Dieu.
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# Enviado em Domingo 18 Novembro 2007 16:38

Modificado em Domingo 05 Abril 2009 12:26

[CHAMPAGNE F0R MY REAL FRIENDS AND REAL PAIN F0R MY SHAM FRIENDS]

[CHAMPAGNE F0R MY REAL FRIENDS AND REAL PAIN F0R MY SHAM FRIENDS]
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Quelqu'un a dit une fois: ce sont les filles biens qui tiennent des journaux intimes.
Les mauvaises filles n'ont jamais le temps.

Pendant qu'on s'efforce à saisir toutes les choses qu'on désire, les choses qu'on pense qui rendront nos vies meilleures, l'argent, la popularité, la renommée, on ignore ce qui a vraiment de l'importance, les choses simples comme l'amitié. Ce qu'on avait probablement déjà. Nous tous nous sommes tous amis. On aime le sexe, les grossiertés, les cigarettes, l'alcool... Ne nous parlez pas d'amour, nous ne savons pas ce que c'est. Tout ce qu'on veut, c'est s'amuser, quitte à tout foutre en l'air. Nous sommes jeunes et fous à lier. Mais c'est bien pour cela que nous nous aimons.

FRIENDS WITH BENEFIT

Je ne me souviens même pas de mettre disputée avec l'un d'entre eux. Pourtant, il est plus facile de se mettre en colère contre les gens en qui l'on a confiance, car on sait que quoi qu'il arrive, ils nous aimeront toujours... Mais nous ne nous devons rien, et nous ne gâcherons jamais notre amitié par des chamailleries d'orgueil. On est bien trop supérieurs pour ça. Finalement... je ne citerais plus personne ici. Ceux que j'aime le savent ou s'en sont rendus compte. Sauf que ça change tout le temps. Même si ça me rend horriblement triste.

Moi je veux vivre une vie dont je puisse me souvenir même si je ne l'écris pas...
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# Enviado em Terça 04 Setembro 2007 10:52

Modificado em Domingo 05 Abril 2009 12:27